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Enfin la voilà… cette page blanche !Après cinq années où j’avais décidé de disparaître dans le sud Malgache avec mes amis Vezo, dans cette ville de Tuléar qui vous empêche de rêver tant la réalité est forte. Que de turbulences, d’émotions et combien d’aventures pour oublier la trahison d’un divorce. Mais cela n’est rien comparé aux combines des gens jaloux, à la guerre… et surtout au choléra qui assassine au hasard un village.Je suis finalement, à cause de tout ça, revenu en Europe, une main devant, une main derrière, les yeux fiévreux, et c’est avec désespoir que petit à petit, je revenais dans le système.Un jour, à la foire de Turin, j’ai rencontré « MARITESS » et dans son regard, j’y ai vu plus d’aventures que tout ce que j’avais vécu. Nous nous sommes mis à travailler ensemble, avec un bonheur intense, comme notre passion.Voici ANTIQUE and NATURAL CURIOSITIES.Maritess est fameuse pour son goût des pierres, son mélange des couleurs, ses colliers uniques tout ça dans une danse flamboyante ni Malaise, ni Espagnole ou Polynésienne.A cette femme, j’ai proposé de faire du rêve un business et de transformer le business en rêve.Depuis, je l’ai emmené à Madagascar et en retour, j’ai découvert sa ville : Manille aux Philippines et la route des cyclones dans le nord ou tout se bouscule sauf les esprits merveilleusement intacts.Je vais vous parler de ces deux aventures, vous montrer les colliers de Maritess, vous proposer mes coquillages.Dans ce site, vous pourrez aussi trouver nos objets antiques avec une préférence pour l’insolite. Finalement, je suis content d’être encore avec vous. Patrick et MaritessQui-suis-je ?Chasseur, trafiquant, voleur de poules, assassin, ou naturaliste écologiste spécialiste en sciences naturelles !!Qui suis-je exactement ?En premier je dois me définir comme un être vivant chanceux et heureux.• Vivant car j’ai échappé dans mes aventures à bien des dangers qui me font apprécier chaque instant qui passe.• Chanceux car fils de marin j’ai connu beaucoup d’horizons, marin moi même j’ai fait le tour du monde et par la suite je ne sais plus rester en place…Il me faut voir…Non pas des films à la télé, mais un monde dont vous êtes l’acteur et qui vaut tous les films.• Heureux, je le suis car à mon âge c’est vraiment une fierté de n’avoir pas perdu de temps dans cette vie si courte.J’ai été chasseur et j’en garde l’instinct mais à ce jour et dans cette nature qui s’évapore, plus question de tenir un fusil face à la facilité de tuer. Le danger des grands prédateurs peut se calculer, vive l’adrénaline.Trafiquant : je ne le suis pas, car je n’aime pas l’argent, je suis riche de vie, pas riche d’argent. Par contre j’aime les sciences naturelles qui me font rêver devant la complexité de cette nature et si vous me voyez en compagnie d’une défense d’éléphant c’est pour sa beauté en pleine connaissance de la réglementation des espèces protégées.Je crois que je suis devenu un naturaliste passionné des objets insolites, objets de voyages et je me tourne de plus en plus vers l’art antique.Voici des photos d’objets rencontrés dans ma vie par ci, par là.
LES ILES MARQUISESÀ PIERROT dit le « Magicien sorcier » À JEANNOT dit la « TORTUE » De la part de la Belette ...Tout a commencé par une très belle journée dans la vallée de NUKU HIVA aux îles Marquises. Pipapo commençait à faire l’inventaire du matériel pour une plongée à la pointe aux requins marteaux. La mer était belle ce matin exceptionnellement calme et nous avons pu mouiller dans un endroit d’habitude inaccessible.Pipapo était installé dans ces terres lointaines depuis déjà longtemps avec un tempérament de montagnard du à ses origines du jura et un instinct pour la mer extraordinaire. N’est il pas devenu tour à tour chasseur de poulpes, plongeant au large de sa petite pirogue avec un gros caillou pour atteindre les meilleurs profondeurs. Puis il faisait du troc contre des poules, des salades et petit à petit il accéda au statut de pêcheur avec ses économies pour acheter son premier bateau à moteur.Toutes les nuits, pêcheur de thon pour rembourser ses créances et enfin s’offrir son premier compresseur avec un jeu de bouteille de plongées. La voilà sa vraie passion, la plongée et les découvertes des fonds Marquisiens.Nous en avons parlé de ses débuts avec 2 ou 3 copains dont Thierry le miraculé.Thierry est un fou de plongée comme Pipapo mais il devait être le premier à apprendre à ses dépends les lois de la plongée.Premier malaise et faute de moyens, on décide de l’immerger, mais en oubliant de rouvrir sa bouteille, aussi a-t-il du choisir entre noyade et malaise et nous en rions encore. Mais nous étions solide pour survivre. Il le fallait, Thierry allait connaître la plus incroyable succession d’accident de plongée par la suite. Le deuxième fut plus grave et il fallut l’amener à l’hôpital où le médecin le fit rapatrier par air en vol régulier sur Tahiti. Inutile d’imaginer comment Thierry allait souffrir et aggraver son cas. Vomissement dans l’avion, paralysie et pour comble laisser comme un sac en plein soleil lors de l’escale à Rangiroa.A son arrivée à Tahiti caisson et six mois dans un fauteuil. Les plongées sont si fortes aux Marquises qu’il allait se remettre à l’eau avec hélas de nouvelles punitions. Aujourd’hui Thierry s’est assagit avec ce sentiment de tristesse de ne pas pouvoir y retourner, mais le plaisir de marcher L’exemple de Thierry nous rendait prudent. Mais aux Marquises, cela ne suffit pas. Pipapo ma raconté sa nuit, à voir son mobilier danser devant ses yeux. Ivresse de l’azote ou imprudence, il fallait envisager de passer par une école de plongée au plus vite. Mais tout ça coûte cher, aussi ramassait il quelques coquillages qui semblait faire le bonheur d’un marchand à Tahiti et qui payait même d’avance disait il, aussi gardions nous cette habitude de l’aider à chercher ces coquillages.Il se passe tellement de choses sous l’eau aux Marquises, que ce matin là, j’étais plutôt en extase devant ce nouveau site, légèrement effrayé par l’arrivée à tous moments de monstres marins, prudent de ne pas mettre les mains sur un poisson pierre et attentif à ne pas énerver les murènes. Mais je gardais l’œil aux coquillages et justement voilà quelques murex qui ne demandent qu’à se laisser ramasser.De retour à bord c’est la joie totale d’une plongée nouvelle par un temps idéal. On en vient presque à oublier nos coquillages, pas complètement quand même car Pipapo, me montre dans sa chaussette deux ou trois belles Cypraea lefaiti, à mon tour je lui montre mes murex et ses yeux explosent après les avoir examiné avec frénésie il se retourne vers moi et m’embrasse en sautant de joie. Murex Thomasi dit il ! un vrai miracle et quatre en plus !. On ne connaissait que l’holotype du musée. Sa joie allait durer jusqu’à tard dans la nuit et vu les appels téléphonique avec Tahiti, tout le monde semblait content. Pour moi j’étais heureux mais ces coquillages dont j’étais profane me permettait seulement de me sentir plus à l’aise chez mon ami et promettait de nombreuses plongées sans avoir à penser au coût de l’essence.La veille de mon départ pour la métropole et devant une pêche chanceuse, Pipapo, insiste pour que je ramène des spécimens. Tu sais me dit il tu auras rien à faire. Tu montres, tu regardes les yeux et tu vas voir les chèques se remplir comme par magie. Aussi me confit- il un colis à montrer en rentrant. De la maison je prends rendez-vous avec l’association française de conchyliologie section côte d’azur. De ce rendez-vous je me souviens des yeux passionnés des uns et des autres, des téléphones incessants à la maison et de la vente totale du colis sans jamais à avoir à discuter en moins d’une semaine. J’apprenais par la même occasion qu’il s’organisait à Fréjus dans deux mois une exposition vente échange de coquillages.J’envoyais l’argent à Pipapo en demandant un autre colis au plus vite mais cette fois j’étais décidé à en savoir plus. Le jour de l’exposition, j’avais un petit mètre de stand Marquises qui, devait connaître le même succès que le colis précédent, mais j’allais passer deux jours en compagnie d’un voisin qui transformera mon esprit curieux en passion. Deux jours à l’écouter parlé de sa vie de marin à travers le monde, de sa passion des mers, des hommes, des voyages le tout magnifiquement prolongé par des formes et des couleurs que sont les coquillages. Depuis ce fameux week-end en compagnie de Pierre GUIYONNET qui devint tour à tour mon professeur, mon partenaire, mon concurrent mais jamais trois jours sans se parler, se raconter les coquillages pendant des heures. La passion, la joie, la chasse aux coquillages rares prolongement de nos rêves une vraie aventure m’attendait. Cette fois-ci, la prochaine exposition était en septembre en alsace et j’avais le temps d’un nouveau voyage aux Marquises.J’ai retrouvé mon ami Pipapo, amusé par ma transformation. Nous pouvions désormais parler ensemble des coquillages par-ci, par-là, pour les frais d’essence et le plaisir des belles plongées mais pas question d’en faire un métier. Lui pensait déjà à son futur club de plongée et avait ses convictions qui sont celles des clubs. Il s’était inscrit pour passer son monitorat en France. Néanmoins ce fut un séjour de rêves avec de très belles plongées et j’ai pu à mon retour préparer une exposition qui devait faire sensation et beaucoup de commentaires dans le monde du coquillages. Les plus beaux gauguinis,la fameuse cypraea Thomasi, les murex Thomasi, des marchionatus de plus de 50 mm,des retifers et des magnificus, la fameuse cypraea cassiaui la seule porcelaine que je n’ai jamais trouvée en plongée.Effectivement son habitat est dans les eaux boueuses à la sortie des rivières. Il arrive quelques fois d’en trouver des fraîches mortes sur la plage. Je vais vous raconter une bonne histoire à son propos. Alors que j’étais en ballade avec un ami, non connaisseur en coquillage sur une plage près d’une rivière, je le vois ramasser sous mes yeux la cassiaui dont j’ai toujours rêvé, plus de 30 mm, violette couleur évêque. Après le moment de stupeur et de béatitude, je demandais s’il ne voulait l’échanger contre ma tenue de néoprène qu’il lorgnait. Ma proposition eut pour effet de lui faire croire qu’il venait de mettre la main sur un trésor oubliant les règles d’amitié et d’humanité. Il mit le coquillage dans sa poche et m’ignora. N’arrivant pas à le vendre plus que le prix d’une combinaison de plongée, il me fit rager pendant tout mon séjour sans jamais la céder. Quelque temps après, il trouva l’adresse du marchand à Tahiti qui lui fit une belle offre en échange de l’envoi. Il envoya donc cette sublime cassiaui avec ses odeurs alléchantes dans une enveloppe à Tahiti. Mais hélas un chien devait passer près de la boîte à courrier et en vida le contenu à coup de dents. On retrouvera la lettre déchiquetée mais jamais le coquillage. A ottmarsheim, tous les grands collectionneurs et marchands tournaient autour du stand. Mes prix modiques et mon enthousiasme, allait m’asseoir une réputation. Par contre je n’étais pas assez connu encore pour trouver un voisin lors du déjeuner de gala. Je me retrouvais donc en bout de table avec un vieux monsieur dont personne ne semblait trop vouloir la compagnie. Ma conversation avec monsieur veillard spécialiste des coquillages de l’océan indien était annonciatrice d’un changement d’époque.Il avait rêvé d’être agent secret me dit il, mais savait il qu’avec internet le plus petit secret mettrait une seconde à se savoir par le monde, savait il que le monde du voyage allait exploser, savait il que la plongée allait devenir une industrie touristique. Aussi adieu aux belles croyances que son coquillage est rare et unique. Les règles vont changer et que devient son héritage, son musée, le plus beau d’Europe qu’on lui avait promis ? Bref j’apprenais que rien ne serait facile et sur terre comme sur mer, y a des requins, des courants et des contre courants, qu’un secret est un mensonge, même si toutes les vérités ne sont pas bonne à dire. Reste un très beau livre sur les coquillages de l’océan indien par un auteur qui a su vivre son époque outre mer.Ce fut un grand plaisir durant cette exposition de rencontrer la grande famille du coquillage avec ses personnalités différentes, collectionneurs, scientifiques, marchands ect …Tout ce mélange avec pour moteur la passion et pour essence la polémique. Mais je trouvais ma dénomination, chasseur de coquillages rares.J’allais d’exposition en exposition et de voyage en voyage, mais le prix à payer n’est pas celui qu’on croit. Alors que je retournais une nouvelle fois aux Marquises, le club de plongée allait bientôt exister et désormais il ne fallait plus compter sur Pipapo pour m’accompagner, qui s’oppose aujourd’hui à toute récolte. Aussi ce fut pendant son absence que j’allais pratiquer deux plongées par jour dans toutes les conditions avec mon autre ami Marcel. Il nous fallait du résultat, les voyages coûtent cher et pour réussir il faut du stock. Par mauvais temps on faisait le yoyo dans les vagues aux paliers. Les requins aussi gros soit il on ne les voyait plus, les murènes fuyaient sous nos yeux en chasse. Pas le temps de s’écouter et pourtant la leçon de vie arriva par temps calme, alors que tout allait bien, au lieu de remonter au palier avec Marcel, je continuais encore un peu histoire de remédier à une pêche moyenne. De le voir en haut du palier, j’oubliais toute prudence à la remontée pour le rejoindre c’est plus tard dans le bateau que je ressenti le coup de poignard dans les reins. L’histoire je l’ai raconté déjà, ce qu’il faut en retenir, c’est que j’ai eu beaucoup de chance et que la plongée allait pour moi définitivement s’interdire. Heureusement comme Thierry je marche et maintenant en avant toute pour les expositions où l’on plonge dans les coquillages sans bouteilles. Pour bien connaître le coquillage, il faut le toucher, le comparer, l’étudier. J’allais donc échanger mes coquillages, en acheter à tour de bras et si au début je n’ai pas toujours fait de bonnes affaires, c’est le goût du mauvais qui vous fait apprécier le bon.Et toujours cet ami extraordinaire qui vous gonfle d’énergie par son exemple, je veux parler de pierrot. Avez-vous fait un stop un jour dans le bordelais pour admirer sa collection ? Vous étiez reçu comme un membre de sa famille à coup de vieux bordeaux et de cèpes et pas question de pouvoir se coucher avant 3 ou 4 h du matin. Le temps de tout voir, de tout écouter ses histoires de marins, de la marchande, ses multiples escales, sa quête du coquillage dans les endroits les plus fous. Le comble, Pierrot ne savait pas nager et combien de fois aurait il du mourir, mais il savait flotter et n’hésitait pas à se lancer. Il à même avec des bouteilles tenu tête aux grands fadas des CARAÏBES. Pierrot devait nous quitter en tondant son gazon. Il a suffisamment de souvenirs pour affronter l’éternité. J’écrirais un article avec nos aventures prochainement car en plus son dernier voyage malacologique devait être en ma compagnie dans les profondeurs du SUD MALGACHE.Madagascar qui fut pour moi le deuxième choc après Tahiti des années 60.Quoi de plus beau que cette ville de TULEAR avec mes amis pousse pousse, qui tournent en riant autour des joyeuses marchande de coquillages. Là où TULEAR commence, les rêves se taisent d’admiration…………. En Europe la situation se durcit, les espoirs de la bourse, vont faire bien des illusions. Un esprit convivial, fraternel, se dissipe face aux nouvelles difficultés, la polémique s’installe. Les jalousies se développe, les prix font le yoyo, ça drague en Russie et voila la fultoni qui s’effondre…. ça plonge aux Marquises et voila 300 Thomasi sur 10 m². Oui les coquillages parfois se rassemblent et si ils sont rares ce sont des familles.Aujourd’hui mon ami RAYBAUDI garde en lui cette satisfaction d’avoir pu me prendre ce lot de Thomasi à un très bon prix car à ce jour, la Thomasiest redevenue rare. Je tiens aussi à rendre hommage à l’énergie, l’intelligence et au travail de Mr. RAYBAUDI qui en s’intéressant aux coquillages, allait faire de ce petit monde incompris et secret, un monde pour les grands collectionneurs d’art de couleurs et de formes. Grâce à RAYBAUDI et ses revues, le coquillage prenait une place entière dans le monde de l’art.Merci Mr. RAYBAUDI pour tout, que de beaux souvenirs et d’exemples vous nous laissez…. , vous qui avez eu les meilleurs éclats fugitifs du coquillage……….Vive la COMEDIA DEL ARTE……Et puisque je rend hommage, j’ajoute encore deux personnages d’exception, mon ami GUIDO, si brillant ……, parfois si cruel……, mais toujours le meilleur. Aussi BRUNO BRIANO, les deux poumons de la plongée, un cœur équivalent………, le plus fort.Maintenant, nous retournons à Madagascar où il y a quatre ans, j’ai décidé de m’installer, une petite boutique KOOKI d’artisanat et de KOO KILLAGES allait faire de moi l’homme le plus heureux du monde. Dans ce lieu tous les pêcheurs vezo venaient discuter et apporter leurs trésors. Il y avait toujours une vingtaine de malgaches pour discuter sur la terrasse et KOOKI devint une institution, un périmètre passionnant. Il y avait des machoires géantes de requin blanc, les trésors des chaluts aux crevettes, les marchandes de coquillages, les sculpteurs de pierres, les plus jolies filles venaient choisir leur collier de nacre et l’argent n’avait pas pris le dessus sur le troc et l’amitié. Je n’étais pas souvent là, mais qu’importe, la boutique était ouverte 24/24 h et tout le monde avait ses habitudes. Je partais sans arrêt dans le grand sud en avion, pirogue ou bateau à moteur. La aussi, je pourrai écrire pendant des heures sur mes aventures.On reconnaissait mon passage dans les villages à la musique. En effet pour 10€ et un peu de rhum et des cigarettes, les musiciens du village arrivent à la tombée de la nuit sur la plage. On brûle un feu, on mange le riz et le poisson, et tout le village arrive puis la musique ensorcelle et tout le monde danse et se met à tourner, tourner autour du feu, dans la bousculade, la joie et la sensibilité. Que de nuits magiques sous les étoiles.Le matin en récompense les coquillages. Comme ce matin la ou Jocelyne a fort dauphin devait m’amener sans le savoir la première volute Patbailly que j’ai eu pour 1€ que Poppe a finit par trouver au milieu de mes mitres… et j’ai vu ses yeux se dilater. La suivante je devais donner 10 € à Jocelyne en espèrant la vendre un bon prix à Guido. Mais mon ami Pierrot la croisa du regard et m’en offrit cent fois le prix avant de la vendre à notre cher président. Puis il y eu la brianoï et la Cypraea Pelliserpentis. Dernièrement, j’allais passer des semaines et des semaines en brousse, pour trouver l’habitat de la Cypraea androyensis. Cela devait être ma dernière aventure malacologique avant mon retour en France suite aux événements politique. J’ai marché d’ANAKAO à ANDROOKA à pied pour la trouver et rien, jamais rien. Jusqu’au jour où à force d’entendre parler de Livanoon, je décidais de pousser jusqu’à ce village.Ce fut la vraie récompense. Cet endroit est la limite entre les eaux agitées de Fort Dauphin et les lagons de TULEAR. Mon arrivée dans le plus bel hôtel du monde (réf :île magazine), chez Gigi ce fut incroyable. De mon bungalow, je voyais à quelques mètres tout le village en attente du retour des pêcheurs ayant à franchir les vagues.Un vrai film d’aventure, dans le couché de soleil, captivant, fascinant. Le lendemain et grâce aux enfants du village, j’allais trouver l’habitat de l’androyensis pas plus de 50 mètres sur des kms de plage. Un coquillage qui vit dans les algues et que la tempête arrache et rejette à la plage. Je n’ai jamais rien vu de plus beau qu’une consanguinéa jaune orange avec un animal vivant, une vraie fée. Peut-être y en a eu 4 où 5 où 10 de trouvées, tout le reste sont des fraîches mortes, ou des mortes qui non rien à voir avec la beauté et la couleur de la vivante.Je termine mes chasses aux coquillages rares de MADA sans oublier de citer par plaisir la difficulté que nous avons eu mon ami Manfred BLOCHER et moi à trouver le fameux cône HELGAE. Toutes mes amitiés à Manfred qui montre tant de courage…TAHITI LA REINEDe ma découverte de la polynésien en 1960, époque où Tahiti cadrait parfaitement à l’image idyllique que peut s’en faire l’homme, une envie irrésistible me pousse régulièrement, à l’approche de l’hiver métropolitain, à retourner vers ce territoire lointain et ce, malgré les mutations inévitables intervenues depuis et qu’il m’est difficile d’accepter. Je connais bien cette île ; je l’ai vu évoluer : construction de l’aéroport, atterrissage des premiers boings, premiers feux tricolores …mais de tous ces maux, le plus terrible fut au fil des ans, de voir au bord de mon habitation, le magnifique lagon perdre sa palette de couleurs chatoyantes et devenir uniformément pâle. On a volé les taches de couleurs éclatantes et multiples qui fascinaient au réveil, mes yeux d’enfant !Mais la polynésien est vaste, je le savais et beaucoup d’endroits ressemblent encore à mes souvenirs d’enfance. Tahiti, la reine, la perle souffre aujourd’hui d’avoir osé rivaliser avec le paradis des dieux alors qu’elle n’était que l’éden des hommes.Aujourd’hui, des charters déversent des flots de touristes, et les tahitiens désabusés ont d’autre soucis que d’accueillir ces visiteurs déçus de rencontrer à des milliers de kilomètres de chez eux, les mêmes problèmes qu’ils viennent de fuir. Alors, dans l’immensité de cette polynesie, on reporte son ultime espoir sur la dernière frontière de ce monde : « les marquises ». Passé cette limite, irrémédiablement, vous retournez chez vous, la boucle est bouclée, impossible de s’éloigner. C’est donc en ce début d’hiver 1990, que je pris la décision de partir vers ce qui allait me replonger dans mes sensations d’autrefois, le dernier monde pur et magique des marquises. Pour y aller, il vous faut économiser 10.000-F.Pour 7.000-F, les compagnies de charter vous déposent en 48 heures à Papeete et vous voila à déambuler sur les quais avec votre tête d’écrevisse à l’étouffée perturbée par le décalage horaire.Au fond du port, se cachent les bureaux du fameux cargo « Taporo » qui assure les liaisons inter îles.Dans ces bureaux, on ne prête pas plus attention aux passagers qu’à la marchandise, on se contente de rire et de plaisanter en vous donnant pour trois fois rien, votre billet de passage. L’aventure « MARQUISES » va commencer, frissons garantis !Le grand jour est arrive, le petit cargo rouge attend et il faut se frayer un chemin parmi les milliers de marchandises diverses qui l’entourent.Ses moteurs en chauffe vous assourdissent, et déjà, sur le pont passager des familles marquisiennes sont installées au milieu de sacs et de nattes.Il est urgent de trouver un coin à même le sol et se préparer à y passer au moins une semaine, durée moyenne de la traversée. A la tombée de la nuit, TAPORO quitte Papeete et le rythme de croisière s’installe en fonction de l’état de la mer. Le soir, si la mer est douce, les guitares chantent ; on mange du poisson si les bonites mordent à l’hameçon, sinon on ouvre des boites de corned-beef.si la mer est mauvaise, mal de mer général et apathie totale. Durant cette semaine grand- bleu, il peut se passer bien des choses : Bagarre entre l’équipage après une soirée copieusement arrosée, et, en attendant la réconciliation, le bateau dérivera pendant deux jours au gré de l’océan heureusement pacifique. C’est une image fantastique de voir dériver TAPORO, une baleine adossée à son flanc, se frottant pendant plusieurs heures.Après réconciliation, le subrécargue interdira la boisson repartira. Si tous va bien, le retard ne sera que deux jours. Toutefois, il n’est pas rare qu’une panne mécanique fasse dériver le bateau encore une demi-journée mais tout finira par s’arranger. Le côté génial de l’histoire est qu’après cette traversée souvent mémorable, l'écrevisse à l’étouffée se transforme en écrevisse guerrière et c’est avec appétit que l’on découvre au petit matin, TAHUATA, la première île des îles marquisiennes. TAHUATA l’indépendante, refuse toute métamorphose ; sur sa place centrale, les chevaux tiennent toujours leur rôle, les véhicules automobiles n’étant d’aucune utilité sur un tel territoire. Par contre, de la mer arrivent de tous les cotes les speed-boats aux moteurs puissants. Le débarquement des barils d’essence s’effectue grâce aux baleinières car il n’existe aucun accès au quai à TAHUATA. Le lendemain, après une nuit de navigation, apparaîtra HIVA HOA, sa baie protégée pour l’accueil des voiliers et son petit port.Cette île superbe est devenu mythique pour nous européens grâce à l’aura de Paul GAUGAIN et de Jacques BREL. Comme tous le monde, j’ai cherche le fameux cimetière et quelle ne fut pas ma surprise de constater que les marquisiens ne connaissaient ni BREL, ni GAUGUIN. Ce dernier est mort depuis trop longtemps, et BREL ne fréquentait que la poste pour son courrier et n’invitait que des passionnés d’aviation. BREL et GAUGUIN, être d’exception, oui bien évidemment, mais à HIVA HOA les marquisiens qui n’ont pas subi leur influence ne comprennent pas que les touristes délaissent la beauté de leur île pour deux simples pierres tombales. Ensuite, direction UA PU, l’île aux femmes, l’île sourire avec ses pics magiques. UA PU, c’est la douceur et ses pics sont à l’horizon le signe avant-coureur de ce que l’on peut attendre des Marquises. Des émotions en dents de scie ; un jour dur, un jour magique. Mon voyage se termine dans la vallée de NUKU HIVA où m’attend mon ami Popapo. Chef-lieu des MARQUISES, Tahiohae marque la fin du voyage de TAPORO et « Avis aux Voyageurs » semblent dire les Marquises, »ici la vie se mérite et on ne rit pas tous les jours ». Les falaises tombent a pic ; qu’il est loin le lagon de BORA BORA.« La pluie est traversière et tombe grain à grain », ici cette phrase a un sens quand les rivières debordent. Ici naissent les cyclones et, si près du bout du monde, la sensation de fragilité de l’être et de l’esprit fait partie du décor ; j’ai vu plus d’un homme refuser de quitter le TAPORO.Avec mon ami Pipapo, nous allons nous attaquer à l’Amazonie des océans ; toute cette mer en furie qui bat sans cesse les montagnes a pic.Ici, est née ma passion des coquillages. Impossible d’aimer les îles sans vénérer l’immensité qui les entoure. On ne peut connaître l’ennui si on commence à regarder sous l’eau. Je plonge depuis toujours, allant d’émerveillement en émerveillement dans ce monde du silence où la faune et la flore évoluent avec encore tant de mystères. Avec Pipapo, installé depuis plus de 20 ans, la mer des marquises est domptée ; son apprentissage ne s’est pas fait en un jour mais il est maintenant passé maître en la matière. Il vient de créer le premier club de plongée des marquises, après avoir ressuscité l’ancien bateau inter-iles d’il y a 40 ans, un exploit de plus à son actif. Ses débuts l’ont mène dans une vallée perdue où pour améliorer l’ordinaire, quelques salades, deux ou trois poules, il plongeait en apnée et ramenait poissons et poulpes. Considère comme un grand apnéiste, après le franchissement de vagues dangereuses avec sa pirogue, il se jetait au large, une lourde pierre dans les bras pour couler plus rapidement. La vallée de Puamau se souvient encore des exploits de Pipapo baptisé ainsi par les enfants. Avec lui, j’ai découvert le large et la pêche aux mérous géants, plus gros que son bateau. Tout cela avec un treuil « fait maison » exigeant de bons muscles si on ne voulait pas risquer de ne remonter que la tête de poisson, les requins étant particulièrement rapides dans ces parages. Avec lui, j’ai goûte des aventures où si la chance vous abandonne… « Gémir n’est pas de mise aux Marquises ».Après avoir été pêcheur de thons la nuit, pendant plusieurs années, qui mieux que mon ami, peut comprendre le sens des paroles de BREL ? Maintenant dans le contexte, parlons un peu de coquillages.70per-cent des coquillages rares sont aux Marquises. Y sont-ils réellement ?Allez voir et vous aurez la réponse ; en tout cas, bon nombre de collectionneurs-plongeurs en mal de fortune, reviennent bredouilles. La mer est trouble et agitée selon le climat ; mettez un masque et vous comprendrez mon allusion à l’amazonie. Le poisson est chez lui et le requin omniprésent, dans toutes ses dimensions, pas d’agressivité exacerbée car la nourriture est abondante mais, personne n’est à l’abri d’un caprice. Lors de mon dernier séjour, la charge d’un requin, gueule ouverte, a déclenché en moi une panique que je ne suis pas là de chasser de ma mémoire. Oubliant toutes règles de sécurité, mon instinct de survie me propulsa vers le bateau comme une fusée, me retrouvant accroché au bord et tentant de toutes mes forces d’y monter. Avez-vous déjà essayé de remonter à bord avec une bouteille sur le dos ? Pipapo, en furie, vint me chercher pour me redescendre au palier. Jamais de ma vie, je ne me suis senti aussi couard. Pas d’accident cette fois-là, ce n’était pas l’heure mais il s’en était fallu de peu. Pour Pipapo, ce requin avait la taille d’un porte-clés, pour moi, il faisait au moins 4 m. mais arrêtons là les aventures « requinesques », l’énumération n’en serait que trop longue et je n’ai plus de prétentions. Revenons donc à nos coquillages même si aujourd’hui mon ami enseigne de ne plus rien ramasser sous l’eau, équipés de bouteilles, et surtout pas les coquillages puisqu’il organise à présent, des plongées pour les observer dans leur habitat.Exemple : la plongée aux Lambis Crocata Pilsbry par une profondeur de 5 à 20 mètres ; malheur à celui qui touche à ce royaume.La pointe aux Marchienatus sur une profondeur entre 20 et 40 metres ; gros blocs avec cavites, belles roches, nombreuses faunes diverses, présence de tortues.Etc., etc., etc. … 20 années pour découvrir ces merveilles et vous le faire partager. Tout en respectant ses idées, je n’en demeure pas moins un chasseur de coquillages rares qui sait que sa pêche précise n’interfère en rien dans l’équilibre harmonieux de ce monde merveilleux. J’ai toujours en mémoire, lors d’un retour de pêche, l’accueil de la gendarmerie espérant dénicher des tonnes de coquilles dans mon bateau ; pourtant la pêche avait été bonne mais leurs espoirs furent grandement déçus. Qui pourrait penser que ce minuscule coquillage, niché au creux de mon mouchoir, pas plus lourd que deux grammes et pas plus grand que 12 mms, est la fameuse Thomasi, cotée plus de 10.000-fr ? Ne rêvez pas, sa rareté est réelle. Combien d’heures sous l’eau avant sa rencontre inoubliable ; un cri dans l’immensité du bleu à 40metres de profondeur ! Des accolades sous l’eau ; des yeux plus gros que le masque ; des poissons effrayés par nos gestes. Un souvenir indéfectible ! On en oublierait presque de respirer. C’est cela la passion. Tout semble trop beau et facile, pourtant, dans l’organisme du plongeur à l’affût du rare, le mal de l’azote s’installe et attend pernicieusement son heure. Ce jour-la, toutes les conditions étaient réunies pour une plongée sans difficultés, beau temps, mer belle, exploration superbe ; mais au moment de remonter ma bouteille à bord, je fus pris d’une violente douleur dans les reins Sans gravite, me suis-je dit, en arrivant à NUKU HIVA hélas, dans les 10 minutes qui suivirent, la douleur s’accrut et m’obligea à m’allonger. Miraculeusement, nous étions prés de la principale localité équipée d’un hôpital ; Pipapo m’y mena sans tarder. Une demi-heure plus tard, paralysé jusqu’au dessous des côtes, immobile, la tête vide, je fixais le plafond. Seul un infirmier marquisien était de garde et à NUKU HIVA , les accidents de bouteille ne font pas partie du quotidien ; j’étais le premier ! Mon ami me fit placer sous oxygène et préconisa une piqûre d’aspegic. Je ne sentais battre que mon cœur dans ce corps immobile. On s’agitait autour de moi je ne pensais à rien. Puis, miracle, j’eu l’impression d’être un bonhomme de neige fondant au soleil, une délicieuse brûlure m’envahit. La vie me réinvestissait, la bulle s’était décoincée avant l’irrémédiable rupture. L’espoir m’envahit, je sentis les doigts de mon copain sur mes pieds, j’eu une folle envie de me lever et de jouer au foot. Dans l’heure qui suivit, les organes reprenant leurs fonctions, une envie d’uriner signait définitivement ma grâce. Quatre heures après, nous quittions l’hôpital, peu fiers. Cette nuit, je la passai seul dans la vallée, le lendemain j’accompagnai mon copain, sans me mettre à l’eau.De retour en France, les spécialistes de la médecine m’ont confirmé l’accident médullaire et l’incroyable baraka d’être passé au travers. Depuis, je n’ai plus plongé, mais chaque chose en son temps. Mon plaisir actuel est d’approfondir ma connaissance des coquillages pour mieux en parler et transmettre cette passion plus forte que jamais.Dans cet objectif, je profite de mes précieuses jambes pour parcourir l’Europe et ses expositions malacologiques. Demain, je retourne aux MARQUISES.J’ai une irrésistible envie de revoir les dieux polynésiens, divins protecteurs des fous passionnés.
Quand j’ai commencé les coquillages, je n’ai pu m’empêcher d’admirer ceux des Philippines.La Guttata, l’Hiraseï, la Sakuraï… des porcelaines irrésistibles que l’on pouvait voir sur le stand des spécialistes.A chaque retour de voyage, je voyais la fierté de Monsieur Berthelot à nous montrer ses merveilles, ainsi que le stand de Jacques ou d’Emmanuel… Bref, j’aurai du ne pas réfléchir et vite prendre un avion pour aller voir sur place. Mais, le destin m’envoya à Madagascar et ce n’est que 10 ans plus tard que j’allais finalement atterrir dans ce pays.Entre temps, j’étais devenu un peu sauvage et certaines coquilles mythiques sont devenues courantes. On me parlait de Cebu et de Bohol, fief des marchands ou les prix pour les non initiés sont parfois aussi chers qu’en Europe. Alors, ma décision fut prise de prospecter dans le nord, dans la fameuse zone des cyclones.En arrivant à Manille, j’ai eu cette chance d’avoir « Maritess », ma compagne originaire de cette ville. On m’avait dit que Manille est en liste rouge dans les agences pour les risques et comme toujours, c’est vrai et faux en même temps.Manille et ses trottoirs, Manille et ses bidonvilles, Manille et ses poubelles, sans oublier la pollution et le pire trafic automobile au monde. Je ne sais pas pourquoi mais, petit à petit j’aillais aimer cette ville.D’abord le sourire des Philippins, leur humilité, leur foi.Chacun ici doit survivre dans les pires conditions mais pas en dérangeant les étrangers. J’ai découvert Manille comme on fait un puzzle que l’on transforme en magnifique tableau de vie. Ici on ne s’ennuie pas…à chaque seconde, une émotion…. Une émotion ais-je dis ! pas une agression.De la je commençais la prospection du Nord et je ne vais pas vous citer le nom des villes ou villages car on me traite souvent d’idiot à tout raconter.Le voyage se mérite, à chacun sa chance, à vous de la découvrir.Ce que j’ai fait en premier, c’est de louer ces fameux camions bus philippins riches en dessins et en couleurs ou l’on peut dormir, entreposer, s’arrêter et traverser dans l’ambiance locale.Ma chance et d’y avoir trouvé une île magique. C’est un peu par hasard que je prenais la grande pirogue pour la rejoindre et y passer quelques jours. Là comme d’habitude, le soir même, je vais voir le chef de pêche pour prendre quelques calamars pour nourrir ma tribu. J’étais avec Maritess et sa famille. Qu’elle ne fût pas notre surprise de voir près de la balance, une énorme mâchoire de requin blanc. Le propriétaire ne voulait pas la vendre mais le charme de Maritess commençait à le faire changer d’avis. Il dit…..vous savez les japonais m’ont déjà fait une offre que j’ai refusée. Combien offrez-vous ? je dis à Maritess offre 500 dollars et elle traduit dans la langue mon offre au pêcheur, qui accepta avec un grand sourire. (l’histoire c’est que Maritess n’offrit jamais dans sa langue mon offre de 500 dollars mais la somme de 50 dollars et que le pêcheur accepta car, les japonais n’avaient offert que 5 dollars.) Le style était lancé et nous n’allions être qu’au début de moments magiques. Déjà notre ami le pêcheur nous dit que le juge en avait une aussi car, c’est un couple de grands requins blancs qui avait été pêché il y a deux ans dans les filets. En allant chez le juge, nous avons passé une bonne soirée et c’est sur la promesse de revenir avec une bouteille de Black Label que nous partîmes avec la deuxième mâchoire sous le bras. Arrivés à notre campement chez des amis, ma maison était dans un arbre et sur la plage, inutile de vous dire comment la vie peut-être magique quelquefois, un grand feu pour dîner… une pleine lune… et un dodo grand bonheur dans les feuilles avec la mer pour berceuse.Au matin Maritess me réveille en me montrant des fleurs de paradis tombées dans la nuit. Elles n’éclosent qu’à minuit.Puis elle m’appelle car sur la plage m’attend toute la population de l’île avec des coquillages par milliers, heureusement j’ai fais des photos, sinon on pourrait ne pas me croire. J’ai retrouvé l’esprit de Madagascar lors de mes premiers voyages. Quand je demande le prix des coquillages, les gens me répondent en souriant qu’il n’y a pas de prix, que l’argent aidera c’est certain….j’en déciderai mais tout…tout ça c’est pour toi.La population devient mes amis et depuis quelques années rien n’a changé. J’ai et nous avons toujours la même joie à nous retrouver. Je prends toujours mon camion rouge, j’y dors trois jours et je repars à plein, un foulard sur le nez, heureux comme un chasseur de rêve ou de coquillages. Mais le coquillage n’est-il pas le prolongement d’un voyage ou d’un rêve.
Ce voyage fut celui de MaritessElle était à Madagascar, comme un poisson dans l’eau.En effet, ses origines Malaises faisaient d’elle une princesse dans ces paysages grandioses. En rythme avec la chaleur et le bruit des vents légers qui chahutent les cocotiers, nous n’eûmes pas beaucoup à parler.A Tuléar, le Mora Mora est plus fort que partout. Doucement…. Doucement.Un pousse pousse s’arrête et sans bruit, la force de l’Antandroy, nous amène de ci de là.Tuléar et ses 360 jours de soleil vous ensorcèle de mille et un gris gris.Vite rejoignons Fort Dauphin et son climat quelquefois si contraire. Ce n’est pas toujours calme, on se retrouve même dans des tempêtes glaciales venues d’Afrique du Sud. Dans la baie les cargos épaves résistent et le vent mettra trois ans avant de les dissoudre.Tout oppose Fort Dauphin à Tuléar et pourtant quand l’un vous tourmente en 30 minutes l’avion vous porte à l’autre, son contraire. A moins que vous soyez un aventurier et par la route de rejoindre l’une ou l’autre reste encore une des plus belles aventures de cette planète.La fin du voyage passe toujours par la capitale : Tananarive. C’est encore une aventure diablement belle.Diable est la misère insoutenable à laquelle nous sommes confrontés. Belle est l’énergie du désespoir qui en apparence peut vous faire oublier la réalité.La ville est féodale, le château de la reine, malgré les incendies reste encore bien vivant. Même calciné, l’histoire se ferait encore sentir. De là haut on règne sur la ville et les vallées avoisinantes. Il vous faut oser descendre à pieds, traverser l’âme de cette ville dans une ballade féerique. Dans les marchés, Maritess s’éclate avec les marchands de pierres précieuses. Demain l’avion encore un beau voyage, merci à nos anges de nous l’avoir offert.
La Côte Est :Depuis que je voyage à Madagascar, il manquait à ma connaissance la côte Est.Chose faite en ce début d’année avec une réservation via Tamatave et pour projet de rejoindre l’île Sainte Marie par bateau.A mon arrivée à Tananarive, la capitale que j’apprécie de plus en plus, j’organise mon vol et me voilà après une heure de vol facile débarquant.Tamatave ressemble aux autres villes de Madagascar, port de commerce en plus. Des restes de constructions coloniales, du charme, la mer qui côtoie les reconstructions de routes permanentes suite aux cyclones. Il y a l’hôtel Neptune un peu cher, complet quand même grâce au business, à la politique et à la bourgeoisie de Tana.Il n’y a pas trop de touristes suite à une mauvaise réputation du climat et du paludisme. Très vite avec mon ami Taxi Célestin, je file à Foulpointe ou je trouve ce que j’aime. Un hôtel « au gentil pêcheur » dans la tradition malgache, prix du pays, qualité de table, gentillesse du cœur, sur la plage on rie, on joue au football, on rêve, on se baigne… le bonheur.Hélas, je reviendrai… il me faut partir direction Mahambo, 2 heures de route pour un endroit magique l’hôtel « La Pirogue », raffiné à l’extrême, paysage immense et intact. Rares sont ces endroits à voir absolument. Une cuisine en conformité avec l’endroit.Je repars enchanté , direction l’embarcadère pour le bateau, cap Sainte Marie. Une nuit dans un hôtel avant le quai pour apprécier le bruit des vagues et la pleine lune. Accueil malgache, propreté, simplicité, petit prix. Le lendemain 2 heures d’une traversée tranquille pour rejoindre Saint Marie. L’île me fait un peu penser à Saint Barthélémy, tout le monde se sent bien… c’est relax. J’ai soif et mon taxi s’arrête pour me cueillir directement sur l’arbre une noix de coco. Je bois et retrouve mes sensations d’une vie disparue. On repart vers l’île aux nattes et c’est en pirogue fossile qui porte mon confort (ordi, etc…) vers chez Alain. J’ai un peu de fièvre mais je me sens bien. Sur l’île pas de voitures, bungalows en bois et coco, bonne table, bon accueil, je décompresse et reprend des forces.Ce soir c’est Noël… mais qu’importe, pour moi c’est Noël tous les jours. Le lendemain je pars à pieds, tranquillement, pour le tour de l’île. Cette île aux nattes, c’est du très bon Madagascar, comme j’aime. Belles plages, village de pêcheurs souriant et heureux. La pauvreté ici n’a pas de plaies inguérissables comme sur la grande terre. Les blancs sont de grands enfants heureux d’y avoir trouvé un jardin. Demain ma pirogue fossile vient me chercher pour rejoindre mon taxi et visiter Sainte Marie. Le ciel se couvre mais ici la pluie n’empêche pas le bon vivre. Ma pirogue fossile est à l’heure, mon taxi aussi. Il faut dire que je n’hésite pas à payer le prix fort, ce qui pour nous ne dépasse jamais le raisonnable, fait plaisir, aide et en plus, oblige les rendez-vous.Combien de radins attendent encore leur rendez-vous au risque de perdre des journées rares. Denis dans sa 4L me promène comme si j’étais sur le dos d’un éléphant. Etonné que cette mécanique ronronne car, plus rien n’est d’origine. Exemple : l’essence est à côté de la pédale d’accélération. Tourisme oblige j’ai droit à la cascade, j’aime bien, mais pas au point de m’y baigner. Après deux heures de conduite, nous arrivons à la fin de la route et de l’hôtel de la crique. Je m’y baigne arrosé d’un beau soleil. J’invite à déjeuner Denis, et nous rentrons comme des maharadjas, à l’hôtel « Hortensia » où la journée se termine. L’île Sainte Marie, l’île aux nattes c’est pépère. Le soir à l’hôtel Hortensia, ambiance malgache, je passe ma dernière nuit avant de reprendre le bateau. Sur le chemin de retour, je suis étonné mais pas de ce que je découvre, mais de moi-même ? En effet, c’est la première fois ou je ne vais pas trop vers les autres. Les précédents voyage il ne se passait pas une minute sans 10 personnes autour de moi et mes nuits étaient mouvementées. Là, je dors seul et petit à petit, je découvre une quiétude que je ne connaissais pas. Je suis de nouveau à Tamatave, fin du voyage dans l’est… à l’hôtel « Mamara »… concept colonial repris à la malgache, tenu par un indien. La piscine et l’ambiance de vos rêves – un vrai régal.En conclusion, ce voyage dans l’est est l’idéal pour celui qui découvre pour la première fois Madagascar. C’est le plus facile. C’est par là qu’il vous faut commencer la découverte de Madagascar, avant de rentrer mais avec plus d’habitudes dans la merveilleuse danse malgache multiple et infinie de la grande île.Le Nord : DIEGONous voilà maintenant à DIEGO SUAREZ, pour la deuxième partie du voyage avec un programme de pêche au gros. Nous arrivons avec mes amis fraîchement débarqués de France, à l’hôtel « Pain de Sucre ».Devant cette fameuse montagne sacrée qui a souvent partagé ma vie, lors de mes précédents voyages, sans jamais me lasser. Mais, cette fois pas de contemplation, mais de l’action.Nous voilà partis pour le camp de pêche de Michel et Soa. Malgré la pluie, qui rend la route difficile, la mer elle devient accessible pour trois mois, faisant tout autour de Diego, une réserve naturelle pour le poisson et un des meilleurs endroits au monde pour la pêche au gros. Avec Michel, nous avons eu les plus belles journées et une mer exceptionnellement calme. Hélas, la mécanique n’a pas suivie et nous avons du écourter notre séjour après quand même une très bonne mise en bouche avec la capture de plusieurs « Tazards ». Peu après, à Diégo, nous avons fait la connaissance d’une équipe exceptionnelle pour la pêche au gros. Je ne peux que vous recommander l’hôtel « Emeraude » et ses excursions. Tous les critères pour réussir une bonne journée sont réunis (matériel dernier cri, chauffeur, guide, pilotes pêcheurs super) , et le patron et son fils sont des hommes comme on aime en rencontrer. Une parole, un sourire qui transforme tout en réussite et en souvenirs inoubliables. Nous avons fait une pêche miraculeuse et vous n’aurez qu’à voir les photos.Nous avons habité dans la rue Colbert pour profiter de cette rue unique et pittoresque. La rue Colbert est un des plus beaux poèmes de Madagascar. Ils s’y mêlent les rimes d’une époque colonialiste française en passant par les Indes, et d’une entité malgache. Tout le monde se croise et s’entend. Quelquefois, les bateaux s’ancrent dans la baie et provoquent un nouveau rythme. Les filles s’agitent et vous éclaboussent de leur beauté. Ici ce sont des amazones qui dévorent à pleines dents toutes les âmes en peine.Pour cette fois, je n’irai pas danser avec elles Maritess est ma déesse et j’attends la nuit pour m’endormir et rêver d’elle pendant que Diego s’agite. Ici j’ai tout retrouvé comme avant. C’est une règle de Mada. Une insolence unique et belle de tourner le dos au progrès. Les derniers colons s’y ruinent. Les quinquagénaires viennent offrir aux filles les économies d’une vie où il ne se passait rien et meurent en riant de tant de bêtises. Quelquefois le soir, dans la rue Colbert, on voie passer le diable qui vous cherche. Les filles lui font des pieds de nez- les hommes n’ont pas peur de l’enfer.Demain, je quitte Diego, heureux d’y avoir tout retrouvé. Que Dieu protège encore longtemps, la ville, ses filles… et ses marins et aventuriers de tous poils.Elle est trop belle. |